bandes dessinées

Tétine Man, le retour !

Le premier album de Tétine Man fut une agréable surprise. Personne n’attendait vraiment Didier Jeunesse sur ce créneau. L’éditeur nous avait plutôt habitués à des ouvrages jeunesse traditionnels, des recueils de comptines ou encore de livres musicaux. S’attaquer à la bande dessinée était donc un pari osé qui s’est avéré payant et réussi !

Le premier opus des aventures de Tétine Man avait reçu un très bon accueil, tout à fait mérité, tant par l’impétuosité des courtes histoires de Christophe Nicolas que par le dessin rafraîchissant de Guillaume Long. Le duo est donc de retour avec un second volume, qui une nouvelle fois, propose 3 petits récits distincts les uns des autres.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore la série, Tétine Man, au grand désespoir de ses parents et de son entourage, est un tout jeune garçon qui ne quitte jamais sa précieuse tétine. Impossible de lui retirer ! Pourtant ce n’est pas faute d’essayer et dans ce second album, ce sont tour à tour, la gentille Sandrine, le Monsieur aux pommes et aux radis et le papa de Luca qui vont se frotter au terrible regard de Tétine Man avec l’espoir de lui chiper son Graal !

Mission décidément impossible ! Tétine Man est sur ce coup là, vraiment le plus fort !

Vacances, marché et fête d’école, on le retrouve donc dans de nouvelles situations où malice et second degré font bon ménage. Ce que l’on aime dans cette série, c’est que derrière un dessin et une thématique simple, les auteurs arrivent à créer un univers décalé, drôle et impertinent qui rendrait presque accro à la tétine ceux et celles qui passeraient un peu trop de temps la tête plongée dans le livre. Plus sérieusement, le ton est juste, le dessin efficace, l’humour est fin, la mise en forme distrayante, bref, Tétine Man est une adorable petite bande dessinée où petits et grands trouveront de quoi s’amuser.

Par Christophe Nicolas et Guillaume Long. Didier Jeunesse, 10, 90 €, octobre 2011. Dès 5 ans.

Où es-tu Léopold ? #2 Un pacte en Hiver

Léopold pourrait être un petit garçon comme les autres, une soeur pénible, des parents aimants et des copains de classe toujours prêts à rigoler, autour de lui, tout semble normal ! Pourtant Léopold cache un drôle de secret, il peut, quand celui lui chante, disparaître ! Quand on a 5 ans et de l’énergie à revendre, c’est plutôt pratique !

On a tous, au moins une fois dans vie, imaginé ce que l’on ferait si l’on pouvait se glisser, rien qu’un instant, dans la peau de l’homme invisible. Espionner, surveiller, épier, observer, guetter, pour Léopold, c’est presque la routine.  Le camouflage, c’est sa spécialité ! Il peut à sa guise disparaître, s’évanouir dans la nature, se volatiliser, fuir les galères ou au contraire profiter de son invisibilité pour jouer des tours pendables à sa soeur préférée. Cette dernière a vite compris qu’elle aurait du mal à raisonner son petit frère donc elle tente, tant bien que mal, de négocier un pacte de non-agression ! Ce n’est pas gagné !


L’éventail de situations comiques et fantasques que permet ce pouvoir exceptionnel est suffisamment grand et varié pour alimenter quelques albums et c’est déjà le deuxième que nous livrent Michel-Yves Schmitt et Vincent Caut. Le duo semble avoir trouvé son rythme de croisière. On retrouve des courtes histoires vivantes et variées qui mettent en scène les péripéties d’un joyeux luron haut comme trois pommes. Ces courts récits prennent place dans un quotidien bien identifié, école, maison, famille et traitent de sujets qui accrocheront les jeunes lecteurs, premiers amours, chamailleries de cours d’école, entente cordiale entre frère et soeur, à ce sujet,  la devise oeil pour oeil, dent pour dent, prend tout son sens. C’est un tout jeune auteur qui met en images ces petits scénarios ludiques. Vincent Caut signe avec cette série son premier projet d’envergure chez un éditeur de premier plan et il s’en sort plutôt très bien. Personnages amusants et vivants, découpage et mise en page fluides, quelques clins d’oeil par-ci, par-là et un peu de second degré, les ingrédients sont réunis pour faire de Léopold une agréable série jeunesse. Rendez-vous pour le troisième tome !

 

Découvrez une interview de Vincent Caut, réalisée en mars 2011, à l’occasion de la sortie du tome #1 de la série :

Par Vincent Caut et Michel-Yves Schmitt. Dupuis, 9,50 €, septembre 2011. Dès 6 ans.

 

Petit Poilu et le trésor de Coconut

Il est petit, il est poilu, il s’agit bien entendu de Petit Poilu. La petite mascotte des éditions Dupuis revient pour de nouvelles aventures, toujours sans paroles, mais de l’action et de l’aventure. Cette fois-ci, Petit Poilu se retrouve englouti par une vague géante, poursuivie par un requin affamé et repêché sur le navire d’une jeune pirate.

Une fois les présentations faites, la chasse au trésor peut commencer, et comme l’indique la carte, il y a quelques embûches à franchir avant de toucher au but. Comme à son habitude, notre petit héros ne va pas manquer de ressources et d’idées pour se sortir des situations périlleuses dans lesquelles il va se retrouver.

© Pierre Bailly – Céline Fraipont – Dupuis

Les voyages forment la jeunesse et c’est toujours un régal de parcourir le monde avec Petit Poilu. Voilà déjà le neuvième tome d’une série qui est devenue une référence pour tous les apprentis lecteurs. Qu’il sache lire ou pas, présentez un album de Petit Poilu à un enfant et vous êtes assuré de faire mouche. L’absence de textes et de bulles n’empêche pas, bien au contraire, une narration fluide, servie par un découpage millimétré.

Si vous connaissez déjà Petit Poilu, vous savez que le récit suit à chaque album les mêmes étapes. Entre les deux parenthèses qui ouvrent et terminent l’album, le petit héros du duo Bailly/Fraipont fait des rencontres, heureuses ou pas, se heurte à des situations délicates auxquelles il fait toujours face, sans rebrousser chemin et quand ça ne va vraiment pas, la photo de sa maman n’est jamais très loin pour lui remonter le moral. Au final, tout se termine toujours bien et le retour dans la chaleur du foyer familial est un moment unique et délicieux.

À chaque histoire, sa petite morale ou son petit message, ici les jeunes lecteurs comprendront que l’usage de la force n’apporte rien de bon et qu’il vaut mieux, pour arriver à ses fins,  user d’un peu de ruse et de diplomatie que de forcer le destin.

Enfin pour finir, il est important de saluer le travail de Pierre Bailly qui album après album continu de faire vivre avec enthousiasme son petit personnage. Chaque case, chaque émotion, chaque action et presque chaque trait résultant d’un travail intense et de nombreux échanges avec Céline Fraipont, la scénariste de la série. C’est cette rigueur et cette méthodologie singulière qui font de Petit Poilu une bande dessinée à part, unique et inimitable.

Alors si ne vous le connaissez pas encore, n’attendez pas une seconde de plus pour découvrir ce petit bonhomme attachant !

Par Céline Fraipont et Pierre Bailly. Dupuis, 9,50 €, juin 2011. Dès 3 ans.