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Bienvenue « Rue de l’Articho »

Pendant toute une semaine Acides Animés vous propose de faire les boutiques. Attention, il ne s’agit pas de faire vos courses de Noël en avance ou de procéder à un repérage stratégique avant les prochaines soldes, non ! C’est encore mieux que ça ! Nous vous invitons à rencontrer durant ces quelques jours les membres de l’ACRA*. 

Mais qu’est-ce que la Rue de l’Articho me direz-vous ? Tout simplement un album collectif qui rassemble 16 illustrateurs, invités pour l’occasion à présenter leurs univers à travers le dessin d’une boutique. Boulangerie, poissonnerie, fleuriste ou encore primeur, il y en a pour tous les goûts !

Ce projet un peu fou et complètement ludique a été initié et piloté par Yassine et Chamo, qui via leur association, oeuvrent depuis plusieurs années pour une approche festive du monde de l’image tout en croisant les regards et les univers. Le dessin, l’illustrations jeunesse, le street art, le graphisme, l’art kitch et populaire, sont autant de visions qui sont mises en valeur dans cet album réjouissant.

La semaine s’annonce donc chargée et pour commencer, je propose de laisser la parole à Yassine qui va nous expliquer en quelques mots les origines du projet.

Yassine : Tout a débuté lors d’une entrevue avec Valérie Cussaguet, éditrice à l’époque chez Thierry Magnier, que je rencontrais pour lui présenter un projet de livre. J’ai profité de cette occasion pour lui offrir le dernier calendrier de l’Articho, un calendrier ambiance fruits et légumes sur une face, dessinée par Chamo, et ambiance boucherie-charcuterie sur l’autre face, dessinée par mes soins. Nous en avons discuté et elle finit par me proposer de faire un livre dans le même esprit. Dès le départ, je me dis que cela pouvait faire un beau projet collectif. J’en ai donc parlé à Chamo et rapidement l’idée nous a séduits, à tel point que nous nous sommes complètement emparés du concept.

Au final, je crois que ce livre ressemble à ce que nous aimons vraiment faire, c’est à dire réunir plein de gens dont on apprécie le travail dans un ouvrage thématique. Mais ici, par rapport aux cahiers de l’Articho, nous avons essayé d’avoir une structure qui puisse convenir à des enfants et qui les fasse rentrer dans le livre autrement que par le simple fait de regarder les images… De là est venue l’idée de la liste des courses pour donner un fil conducteur et les pousser à scruter l’image dans ses moindres détails.

C’est très dur de faire un ouvrage collectif, qui ne soit pas juste une succession de beaux dessins et de faire en sorte que les images aient des connexions entre elles. Avec les systèmes des commerces, cela fonctionne bien. Chacun peut créer son petit univers, un peu comme une bonne boutique dans la vraie vie, qui est toujours à l’image de son tenancier. Ce qui est intéressant de préciser, c’est que chaque illustrateur s’est représenté lui même dans sa boutique. Certains ont même dessiné dans leurs images des gens qu’ils connaissaient.

Avoir autant de gens différents, ça rend le projet plus riche. C’est même à mon avis mieux que si un seul et même illustrateur avait réalisé le projet en solo. Dans la Rue de l’Articho, on retrouve plusieurs visions qui se succèdent et finalement, c’est plus proche de ce que l’on peut observer dans la vraie vie.

Comment s’est fait le choix des différents illustrateurs et illustratrices ?

Yassine :Nous avons tout d’abord fait une liste de boutiques que nous souhaitions voir dans le livre. Nous avons réfléchi aux personnes qui devaient dessiner tel ou tel commerce. C’est Chamo et moi, avec la complicité de Valérie, qui avons attribué à chacun une boutique, en fonction de leurs personnalités, de ce que l’on savait d’eux, leurs goûts ou encore les images qu’ils avaient déjà faits. C’était assez amusant de se projeter et de deviner ce qui pouvait coller pour chacun. Parfois, c’était assez évident, comme pour Anouk Ricard par exemple. Au final, ils ont tous dit oui à chaque fois. Personne n’a demandé une autre boutique. Il faut croire que nous sommes tombés dans le mille à chaque fois. Il faudrait leur demander ! 

Le palais du saucisson – 1 rue de l’Articho – Yassine

Extrait de la boutique illustrée par Yassine

Notre promenade sur les trottoirs de la Rue de l’Articho débute donc avec la boucherie de Yassine, histoire d’acheter un beau poulet rôti. Du bout de sa souris, il a réalisé une image où les pixels côtoient un saucisson de schtroumpfs et des brochettes de cochon d’Inde. Dès la première image, le ton est donné grâce à cette mise en bouche délicieusement cynique !

 

À mort la Mort !

Léopold, 11 ans, vient de perdre son grand-père. C’est le roulement de tambour du croque-mort du village qui lui apprend la nouvelle ; ce même roulement de tambour qui annonce les naissances… Mais les proches de Léopold ont beau lui expliquer que l’on appelle cela le cycle de la vie, notre héros ne l’entend pas de cette oreille. 

Il est triste, il est malheureux, certes, mais surtout… il est en colère. En colère contre cette mort qui a osé lui enlever ce grand-père qu’il aimait tant et qui ne sert décidément à rien, si ce n’est à faire pleurer les gens…

Léopold est déterminé. Avec ses copains, ils vont mettre à mort la Mort… Mais est-ce vraiment une bonne idée ? … Car le grand livre des croque-mort le dit bien : « Malheur à ceux qui auront pour projet de tuer la mort, car elle les rejoindra à pas de géant, dans un cliquetis infernal pour cracher sur les insolents son haleine létale. »

Frédéric Kessler et les éditions Thierry Magnier nous offrent ici un court roman philosophique des plus réussis, qui pose les questions délicates de la vie après la mort, du pourquoi les gens meurent… Les réponses également sont là, plus ou moins implicites, mais néanmoins bel et bien présentes.

Parce qu’il s’agit d’un thème parfois difficile à aborder, parce que les mots sont parfois compliqués à trouver, ce roman est selon moi un indispensable.
Une très belle réussite.

 Extrait :

[box_light]Il était une fois, il y a très longtemps, dans un pays qui n’existe plus aujourd’hui, un garçon qui s’appelait Léopold. Il vivait dans un petit village perdu et perché tout en haut de la plus haute montagne du pays. Dans ce village, pour chaque personne qui poussait son dernier soupir, il y avait dans une maison non loin delà, un bébé qui poussait un cri de surprise en découvrant le vaste monde pour la toute première fois.[/box_light]

Par Frédéric Kessler, éditions Thierry Magnier, mai 2011, 4,95 euros. Dès 8 ans. 

Un peu perdu

Tout en haut de sa branche, Bébé Chouette roupille tranquillement aux côtés de sa Maman… Mais il penche un peu non ?

Boing… Boing… BOING !

L’atterrissage est rude pour notre bébé chouette tombé du nid… Seul et décontenancé, il se sent un peu perdu et donnerait cher pour retrouver sa Maman… Mais par où commencer ? La forêt est si grande, et notre chouette si petite ! Heureusement, un écureuil plein d’entrain décide de l’aider dans ses recherches. Mais parfois, l’entrain ne suffit pas à arriver à ses fins, surtout quand on n’est pas très malin… Incapable de retrouver Maman Chouette à partir de la description qu’en fait le bébé (grande, avec des oreilles pointues et de gros yeux), l’écureuil va tour à tour la confondre avec un ours, un lapin, une grenouille…. Jusqu’à ce que cette dernière intervienne et ramène enfin l’enfant à sa mère… Ouf, tout est bien qui finit bien ! Et pour fêter ces retrouvailles, quoi de mieux que de déguster tous ensemble des biscuits dans le nid ?

… Mais Bébé Chouette, exténué par cette aventure, se met bien vite à roupiller… Et il penche un peu non ?

Servie par des illustrations originales, pleines de peps et de couleurs, cette histoire simple et pleine d’humour nous invite à une joyeuse balade en forêt, très graphique, au pays des écureuils violets et des ours bleus.

© Chris Haugthon – Thierry Magnier

Par Chris Haughton, Éd. Thierry Magnier, février 2011, 14 €. Dès 2 ans.